Ateliers d'artiste fin de siècle

Comme aujourd'hui, les ateliers finissent toujours par se ressembler, l’artiste pense, à travers eux, cultiver une forme d’originalité alors qu’il ne fait que très souvent épouser l’air du temps. Ces ateliers sont désormais blancs et généralement dépouillés ; dans la mesure des moyens et de la reconnaissance du créateur ils se situent volontiers dans le VIème arrondissement de Paris ; ils sont vastes, bien éclairés et sans meuble avec, tout au plus accrochées aux murs, quelques peintures abstraites ou, mieux, minimalistes.
Hier, les ateliers étaient chargés avec tentures, tapis, et peaux de bête selon son goût pour la mode orientale ou deuxième Renaissance et, la plupart du temps, ils se trouvaient dans le XVIIème arrondissement. Aux cimaises des lieux et selon la spécialisation de l'artiste, des toiles - personnages en vue, odalisques et vénus - de tous formats et, bien sûr, toutes exclusivement figuratives.
Le chevalet, le calorifère, le paravent du modèle trônent en bonne place et les très nombreux tableaux sont soigneusement encadrés.

Carolus-Duran - Henri Gervex - Gustave Boulanger - Jules Lefebvre - Georges Rochegrosse - Jean-Jacques Henner - Frederick Leighton - Madeleine Lemaire - Jean-Léon Gérôme


http://travail-de-memoire.pagesperso-orange.fr/Gerome.htm

Visite de l'atelier de Nicolas Morot

Ateliers d'artiste à Paris : celui de Jean-Jacques Henner, situé 11 rue Pigalle, et ceux de Collin, Barrias et Clairin.

L’atelier de l’artiste au XIXe siècle
Les ateliers d’artistes ont proliféré dans l’Europe du XIXe siècle, en réponse à l’augmentation importante de cette catégorie sociale et professionnelle. Autrefois réservé à une élite intellectuelle, le statut de l’artiste s’est démocratisé et s’est progressivement confondu avec les arts décoratifs et les arts graphiques tels que la lithographie. Dans les années 1860, Paris comptait ainsi plusieurs milliers de peintres jouissant d’une certaine notoriété. Des locaux réservés aux artistes fleurirent à cette époque dans les quartiers neufs comme la Nouvelle Athènes, en complément des logements occupés par les peintres officiels et académiques dans le cœur de la capitale. On voit aussi se multiplier à cette époque des cités d’artistes où se recréent des espaces communautaires, proche de l’esprit de la bohême. Pour tous ces artistes, l’atelier représentait l’espace de la gestation des œuvres. Lieu réel, il est aussi celui dans lequel se construit l’identité fantasmée de l’artiste, philanthrope et prométhéen. Enfin, l’atelier est l’espace de la sociabilité artistique. Sa fréquentation, généralement ouverte aux intimes, aux élèves et aux amateurs, était l’occasion de rencontres et de débats esthétiques entre les peintres et les sculpteurs. Il pouvait également servir de lieu d’exposition privé, avant l’envoi des œuvres au Salon et dans les grandes manifestations de groupe.
Le lieu du discours sur l’art et des rencontres avec l'Amateur !
L'atelier typique se trouve plutôt quartier des Batignolles dans les années 1870, avec ses grands volumes spacieux éclairés par des baies vitrées orientées vers le nord, de façon à conserver une lumière constante tout au long de la journée. Des toiles, déjà encadrées et comme prêtes à quitter l’atelier pour rejoindre les cimaises du Salon ou l’intérieur d’un collectionneur. L’atelier était un lieu de convivialité ouvert au divertissement. Rien n’est montré du processus créatif du peintre qui demeure un mystère puisque la palette, propre, est remisée au mur près du poêle comme un simple élément décoratif. Dans son intérieur décoré de lourdes tentures, l'artiste est parfois photographié entouré d’attentifs spectateurs qui semblent écouter religieusement la leçon du maître.
Fortement symbolique, l’atelier est l’espace de l’émergence physique de l’œuvre d’art, celui où elle est pensée puis exécutée par le peintre ou le sculpteur. Il précède par exemple le Salon ou le musée, qui sont des lieux d’exposition et de conservation. Lieu du discours sur l’art, du partage des techniques et des opinions, lieu de divertissement des sens, l’atelier est un carrefour dans le monde des artistes. Ce thème si fréquent dans la peinture du XIXe siècle apparaît comme un révélateur de la dimension à la fois esthétique et sociologique de l’œuvre d’art. Il participe à l’ancrage de la figure de l’artiste, autant que le Salon de peinture et que les institutions officielles lui donne une place dans le paysage historique et social de son temps.
cf/ Claire MAINGON

    

Prix de Rome et Ateliers d'artiste


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Guillaume Seignac - Georges Rochegrosse - Jules Lefebvre - John William Godward - Emile Vernon - Jean-Léon Gérôme - William Bouguereau - Paul Merwart - Léon Comerre