C'est notamment en ramenant les dimensions des tableaux historiques à celles de "tableaux de boudoirs", selon l'expression de Zola, que Gérôme trouve sa voie. Il contribua ainsi à populariser la peinture considérée comme noble et à la rendre accessible à tout un public bourgeois qui va non seulement apprécier ses petites toiles au caractère historique mais aussi celles, plus exotiques et sensuelles, qui mettent en scène des nus. Aux yeux du public de cette fin du XIXème, le sujet reste primordial avant d'être "une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées", selon la définition annonciatrice de la peinture moderne de Maurice Denis.
Pour Gérôme, un tableau doit donc avant tout illustrer une idée et raconter une histoire, le reste n'étant que métaphysique de peu d'intérêt.

Mise aux enchères d’une esclave à Rome - 1886, pendant du tableau conservé au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg - vers 1884, et qui représente une scène identique mais vue de face.
Avec la femme-esclave presque tous les interdits disparaissent, d'ailleurs pour être tout à fait franc, quel est l'homme qui ne souhaiterait posséder une telle esclave au physique si avenant - rien que pour son plaisir - et ne mérite-t-elle pas déjà la fessée ?
Tout comme François Boucher, l'académicien Gérôme aima représenter ses modèles de dos et la première version, exposée lors du Salon de 1884, ne manqua pas de contribuer à la renommée de son auteur.

Jean-Léon Gérôme, Orientalism, born 11 May 1824 - died 1904
Student of : Paul Hippolyte Delaroche (1797-1856), Marc-Gabriel-Charles Gleyre (1808-1874)
Dans son atelier aux Beaux-Arts vers 1900

A un interlocuteur qui critiquait l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts, Gérôme rétorqua avec malice qu'il est sans doute bien plus commode d'être incendiaire que pompier. Gérôme en vieillissant devint un des symboles de la réaction. Le triomphe de l'avant-garde qu'il avait combattue devait lui être fatal : il connut une éclipse de près d'un siècle, sort qu'il partagea d'ailleurs avec ses collègues de l'Institut. Son absence dans la plupart des dictionnaires, au contraire de la présence, incontournable et à bien y réfléchir pas toujours justifiée, de Van Gogh ou encore Cézanne en constitue la preuve la plus probante.
On l'étiqueta rapidement de peintre officiel. Gérôme bénéficia pourtant d'un nombre réduit de commandes publiques et son œuvre reste très peu présente dans les musées français, à l'exception peut-être de celui de sa ville natale, Vesoul.


http://travail-de-memoire.pagesperso-orange.fr/Les_nymphes.htm

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