Photographes et nus académiques

Louis Jean Baptiste IGOUT / CALAVAS Frères, éditeurs.
Album de 39 planches de photographies, épreuves albuminées (14 x 20,5 cm), contrecollées sur carton fort. 16 vignettes différentes par planche. Soit 624 vignettes au total. Format des cartons 31 x 23,5 cm.
Louis Igout (1837-1880) était un photographe réputé qui travaillait essentiellement pour les peintres et l'École des Beaux-Arts. Cet album était destiné à représenter le modelé du corps humain : homme, femme et enfant, dans un maximum de positions afin d'aider les peintres à dessiner dans les justes proportions et attitudes. Il s'agit ici de nus dits académiques.

Calavas frères, Éditeurs, 68, rue de Lafayette, Paris, s.d. vers 1875.
En feuilles libres sur cartons. 7 planches représentent de jeunes enfants nus. 4 planches représentent enfant et femme nus ensemble. 2 planches représentent des femmes nues drapées à l'antique. 1 planche avec homme et femme drapés à l'antique. 2 planches de femmes nues drapées à l'antique. 10 planches de femmes nues. 4 planches d'hommes nus mis en scène seuls. 2 planches d'hommes nus mis en scène à deux ou trois par photographie. 5 planches d'hommes nus mis en scène seuls. 1 planche figurant des mains dans différentes positions et avec divers objets. 1 planche avec des mains, des jambes et des pieds dans diverses positions. L'ensemble complet pouvait aussi être vendu aux étudiants-artistes séparément.

   

Josep Maria Canellas (1856-1902) 
Photographe catalan installé à Paris à partir de 1885, Josep Maria Cañellas réalisa des études de nu académique et de nombreuses scènes pittoresques dans les rues de Paris. Il fut sans doute l'un des premiers photographes à saisir la vie quotidienne des parisiens, sous forme d’instantané, à une époque ou la démocratisation et la standardisation des appareils photographiques commençaient à rendre la pratique accessible à un plus grand nombre.

La photographie va connaître une utilisation fréquente dès son apparition dans la deuxième moitié du XIXème siècle, les peintres et sculpteurs s'en serviront donc tout naturellement pour des raisons pratique : avec la photographie, plus besoin de poses longues et éreintantes durant des heures pour les modèles, avec naturellement la possibilité de réutiliser le même cliché pour différents sujets. Delacroix, Rodin, Fernand Khnopff ou encore Mucha l'utiliseront couramment. Rodin par exemple, utilisera des épreuves du photographe italien qui travaillait en France Gaudenzio Marconi.
L’émergence de la photographie va contraindre dans une certaine mesure la peinture à se redéfinir et à s’orienter vers de nouvelles formes artistiques. C’est dans ce contexte de renouveau que naîtra l’abstraction. Petit à petit, les peintres vont exploiter la photographie comme un outil de travail proche du modèle d’atelier. Louis Igout réalise des planches d’attitudes : mains ou nus masculins photographiés selon différents angles de vue. Les images de Julien Vallou de Villeneuve serviront de modèles à Courbet et Delacroix. La photographie devient un outil documentaire utile aux peintres. Certains d’entre eux vont d’ailleurs se laisser tenter par cette nouvelle technique et vont réaliser eux-mêmes leurs photographies, ce qui les rend complètement libres et indépendants dans la prise de vue.
La photographie se démocratise et devient, vers 1890, accessible au grand public. Dans ce contexte de banalisation de l’art photographique, plusieurs artistes vont se mobiliser pour "faire de la photographie une épreuve artistique unique au même titre qu’un dessin ou une gravure". La technique va alors se complexifier avec l’utilisation de gomme, encre ou pigments particuliers.

LA PHOTOGRAPHIE ACADEMIQUE


Sur l'usage des clichés originaux :
La jurisprudence actuelle considère que ce type d'épreuve, lors d'une transaction d'un propriétaire à un autre, est accompagnée d'une paisible jouissance.
Ce qui doit être interprété comme :
La transaction porte sur la propriété du support mais ne concerne en aucune façon le droit à l'image, de publication ou d'exploitation.
Donc pour toute utilisation il est nécessaire de ce conformer aux usages, c'est-à-dire, de se rapprocher des ayant droits du photographe ou de l'agence qui gère ses droits.
Ceci reste valable pour l'oeuvre de tout artiste pendant les 70 ans qui suivent sa disparition, après quoi il est considéré que son oeuvre tombe dans le domaine public.

En principe, dans les musées nationaux, l'oeuvre, donc généralement son image appartient au patrimoine national c'est-à-dire à tous.
Mais le fonctionnaire-conservateur, fort de sa bride de pouvoir et de sa supposée science, tolère rarement la prise de photographies. Ceci peut se comprendre pour quelques oeuvres fragiles sur papier par exemple mais pour le reste?


http://pagesperso-orange.fr/travail-de-memoire/Hommage_Bouguereau.htm
http://pagesperso-orange.fr/travail-de-memoire/ESSAI.htm

http://pagesperso-orange.fr/travail-de-memoire/Synopsis-sommaire.htm