Il est désormais de notoriété publique que les Galeries, les expositions d'art contemporain, sont toujours vides de spectateurs, mis à part peut-être le jour du vernissage.
Seuls, les Musées avec des oeuvres appartenant à l'histoire retiennent encore et toujours l'attention.
L'Art,
la Peinture actuelle, n'intéressent plus. Triste constat ! Les artistes officiels français, eux-mêmes, semblent le reconnaître et le déplorer.
Cependant à qui
la faute ? Aux tressages de Rouan - aux draps de VIALLAT - à des oeuvres ne représentant RIEN - aux fonctionnaires-critiques ?
Désabusés
, de nombreux artistes, tôt ou tard, finissent par "rendre les pinceaux" et ne plus peindre.
A l'image d'un large public, ils en arrivent à 
se détourner des choses de l'Art et trouvent alors compensations dans d'autres centres d'intérêt.
 

 

Norton Manx Ray Petty. 1960

Triumph TR3 1957

William Bouguereau

Lawrence Alma-Tadema

Jean-Léon Gérôme

A un interlocuteur qui critiquait l'enseignement de l'Ecole des Beaux-Arts, Gérôme rétorqua avec malice qu'il est sans doute bien plus aisé d'être incendiaire que pompier. Gérôme en vieillissant devint le symbole de la réaction. Le triomphe de l'avant-garde qu'il avait combattue devait lui être fatal : il connut une éclipse de près d'un siècle, sort qu'il partagea d'ailleurs avec ses collègues de l'Institut. Son absence dans la plupart des dictionnaires, au contraire de la présence de ses contemporains Van Gogh ou encore Cézanne, en constitue la preuve la plus probante.
On l'étiqueta rapidement de peintre officiel. Gérôme bénéficia pourtant d'un nombre réduit de commandes publiques et son œuvre reste très peu présente dans les musées français, à l'exception de celui de sa ville natale, Vesoul.

Pourtant l'art académique sait également faire parler, et là on comprend aisément pourquoi !
Au Salon de 1859, une œuvre du sculpteur Emmanuel Frémiet fut écartée par le jury. Il s'agit d'un Gorille enlevant une désirable jeune femme.
Voici mesdames et messieurs, le fameux gorille de M. Frémiet, commente Nadar. "Il emporte dans les bois une petite dame pour la manger. M. Frémiet n’ayant pu dire à quelle sauce, le jury a choisi ce prétexte pour refuser cette œuvre intéressante." Et Baudelaire
d'ajouter dans ses Salons : "Voilà donc le moyen d’étonnement trouvé ! Il l’entraîne ; saura-t-elle résister ? Telle est la question que se posera tout le public féminin. Un sentiment bizarre, fait en partie de terreur et en partie de curiosité priapique, enlèvera le succès." De la terreur érotique de la sculpture de Frémiet, nous connaissons un sequel - une suite - qui jouit d’une longue fortune, c'est-à-dire King Kong, le dieu de la jungle emporte sous son bras puissant une blonde terrorisée. Baudelaire lève l’énigme : "Songez bien qu’il ne s’agit pas de manger, mais de violer." Si nous connaissons le roi Kong, ses antécédents nous sont moins connus. Au musée archéologique de Naples, l’exposition Amori Divini rafraîchit notre mémoire : Léda, Europe, Io, Callisto, Ganymède, Hermaphrodite et jusqu’au pâle Narcisse ont tous subi une violence qui, au seuil de l’adolescence, a changé leur vie à jamais. Ils ont été l'objet d’un harcèlement divin qui leur est tombé dessus et a chamboulé leur nature.
 

 

En épilogue, l'Allégorie de l'art ou le combat des influences
L'influençable anthropoïde, sous le regard et avec l'accord tacite du petit ministre interchangeable, essaie en vain de tordre le cou à l'art académique.

L'art contemporain qui repose sur l'immatériel concept et l'éphémère au détriment de la peinture, pense gagner le combat grâce au soutien des institutions... La peinture académique, son exact contraire, connut effectivement une mise à l'écart d'au moins un siècle, les œuvre ont été décrochées des cimaises des musées, mais comme là il restait une trace tangible, de surcroît populaire, alors elles ont été raccrochées.
Qu'en sera t-il pour l'art contemporain ? On peut raisonnablement penser, à plus ou moins long terme, qu'il n'en restera rien ou presque.

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